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Perception

Origine des mentalités spirituelles

À mesure que CELA se complexifie et que les perceptions s’organisent selon des dimensions croissantes, certaines combinaisons récurrentes donnent naissance à des facultés perceptives systémiques de septième niveau. Ces facultés ne sont pas arbitraires : elles résultent de la combinaison de deux types de perceptions fondamentales, et donnent lieu à trois sensibilités spirituelles distinctes, que l’on retrouve dans toutes les cultures, sous des formes variées : opératoire, relationnel et structurel.

Typologie des perceptions — Sens opératoire, relationnel et structurel

Chaque voie d’accès au niveau systémique (D7) s’appuie sur un duo de dimensions inférieures, formant un style particulier de discernement du réel. Ces styles ne sont pas uniquement cognitifs : ils impliquent une manière d’être au monde, une manière de ressentir les problèmes, d’y chercher des solutions, d’évaluer ce qui importe vraiment.

L’opératoire pense surtout en termes de valeur ou d’importance des principes, du savoir. Le relationnel, en termes de relations sensibles. Et le structurel, en termes d’objets et de sujets, d’actions, d’états, de statuts et d’avoirs. C’est ce qu’ils considèrent en premier lieu, ce à quoi ils accordent le plus d’importance, spirituellement parlant.

Ce sont des figures universelles de rapport au réel, enracinées dans la structure même de la conscience. Chaque culture, chaque tradition spirituelle peut les manifester sous des formes différentes, mais ces trois modalités — du principe, de la relation, de l’objet — se retrouvent partout où la conscience cherche à se comprendre elle-même.

Ceci étant dit, même si les trois sensibilités contemplent les mêmes réalités systémiques, elles ne les perçoivent pas à travers la même faculté. Elles n’en ont donc pas la même perception, ne sont pas sensibles aux mêmes problèmes, et n’envisagent pas les mêmes solutions. Un bel exemple de divergence réside dans le contenu de l’expérience mystique.

Sens 7D — Contenu de l’expérience mystique

Relevant vraisemblablement d’une perception de CELA via l’interne, le contenu de cette expérience est largement conditionné par les perceptions de composition des trois sens spirituels de septième niveau du mystique selon sa mentalité. Tous les degrés de mélanges sont possibles, fondant toute sorte de doctrine. Par exemple, l’opératoire jugera que Dieu est dans tout seulement si son sens relationnel est assez fort. Faute de cela, il présumera souvent que Dieu est extérieur à sa création.

Ces trois types ne s’excluent donc pas. Ils coexistent en chacun de nous à des degrés divers, mais une sensibilité tend souvent à dominer. Dans certains cas, une expérience intégrative peut équilibrer ces tendances, révélant une conscience plus vaste, capable d’embrasser les principes, les relations et les structures à la fois.

C’est cette conscience élargie que semblent suggérer certaines expériences mystiques profondes — mais aussi ce à quoi aspire toute démarche métaphysique complète : unifier les facettes spirituelles du réel dans une perception cohérente de CELA.

Validation croisée par intelligences artificielles

Genres spirituels

Nous avons vu comment trois sensibilités spirituelles fondamentales — opératoire, relationnel et structurel — émergeaient de la combinaison de dimensions perceptives dans le cadre du processus de complexification de CELA. Chacune de ces sensibilités peut à son tour se manifester selon deux polarités distinctes, que l’on peut nommer masculine et féminine, non pas au sens biologique ou social, mais dans leur fonctionnement perceptif et leur finalité spirituelle.

Sens 7D et polarité — Méthode et objectif

J’utilise les termes polarité masculine et polarité féminine pour désigner deux orientations de conscience complémentaires. Ces termes ne décrivent ni des rôles sociaux, ni des identités de genre, ni des caractéristiques biologiques. Ils nomment des directions du rapport au réel : l’une allant du principe vers l’expérience (que j’appelle « masculine »), l’autre de l’expérience vers le principe (que j’appelle « féminine »). Chaque personne peut manifester ces deux orientations en proportions variables, indépendamment du sexe ou du genre.

Stabilité et singularité

Selon ce modèle, chacun porte une manière propre de sentir, de comprendre et d’habiter le monde. Cette manière d’être ne dépend pas de l’éducation, de la culture ou du caractère : elle est là depuis toujours, comme une orientation intérieure fondamentale.

Elle donne à chacun des facilités naturelles — des choses qui nous viennent sans effort — et aussi des zones que nous percevons moins bien. Personne ne voit tout, personne ne ressent tout de la même façon.

C’est cette diversité qui rend les relations humaines si riches, mais aussi parfois difficiles : nous ne vivons pas tous le monde selon le même angle. Ce que l’un trouve évident peut être opaque pour l’autre.

Apprendre à reconnaître son propre style intérieur permet de mieux se comprendre et d’agir avec plus de justesse. Reconnaître le style des autres permet d’écouter, d’accueillir et de collaborer sans chercher à rendre tout le monde semblable.

Aucune manière d’être n’est supérieure aux autres. Elles se complètent comme trois façons d’ouvrir le réel. Lorsque chacune peut s’exprimer pleinement, et que les autres sont honorées, quelque chose de plus vaste devient possible — dans une personne, dans une relation, dans une culture, dans un peuple.

Selon ce modèle, la diversité des façons d’exister n’est pas un obstacle à l’unité : elle en est la condition vivante.

Ontologie et équilibre perceptif

Les grandes visions du réel — matérialisme, idéalisme, dualisme, monisme, etc. — ne sont pas des absolus, mais des configurations perceptives privilégiant certaines dimensions de l’expérience au détriment d’autres.

  • Principe et intensité (profil opératoire)
  • Qualités sensibles et relations (profil relationnel)
  • Objets, statuts et actions (profil structurel)

Lorsqu’un individu ou une culture fonde sa vision du réel sur une combinaison déséquilibrée de ces niveaux, il en résulte une ontologie partielle : cohérente dans son propre registre, mais incapable d’embrasser l’ensemble. À l’inverse, une combinaison équilibrée de ces trois grandes orientations perceptives permet un exercice ontologique plus complet.

Auteur : Sylvain Lebel  •  Licence : CC-BY-4.0  •  Dernière mise à jour : 2025-12-21
Version originale française.